lundi 26 janvier 2015

Les Nuits Saturniennes .: En réponse à un rêve sur l'antimoine :.




Ces nuits présentent des objets qui s'offrent dématérialisés, confus et clairs, pour installer une tension narrative où se contractent trois éléments en dialogue sur un quatrième inconnu, trois éléments condensés en leur plus puissante énergie, celle de l'attente. De là la solitude, la lenteur, le détachement et l'inertie de ces nuits.


            Mais d'apparence passive seulement. Car ce quatrième est l'omniprésent noir, espace de projections infinies. Son pouvoir de fascination crée un vide au sein duquel vit une masse confuse sujette à tous les phantasmes. Positif du monde intérieur, négatif de la conscience, il est en somme l'Inconscient dans tout ce qu'il a d'inconnaissable. C'est par lui seul qu'on trouve la liberté de lier la trame des éléments qui évoluent sur ce fond - parce qu'il les a produits. Il est l'inspiration et le souffle qui les unient et les abîment. Ces saturniennes furent ainsi réalisées au cœur de la nuit afin de lui laisser la plus grande place.

            Toutefois, céder sa  part au nocturne, c'est aussi ouvrir une brèche au dialogue du rêve. Ces panoramas sont alors moins des triptyques d'objets plus ou moins hétérogènes que des paysages intérieurs fragmentés, comme ces rêves qui nous visitent la nuit avec leur part de fortunes et de mystères. Le rêveur ne peut alors qu'en recueillir les impressions pour les amplifier à sa conscience en un Tout qui lui correspond.
 













Aucun commentaire:

Publier un commentaire